Comment lire un rapport d’étude de sol G2 ?

Un rapport d’étude de sol G2 peut compter plusieurs dizaines de pages, avec des coupes, des résultats de sondages, des paramètres mécaniques et de nombreuses réserves. Pourtant, sa lecture ne consiste pas à chercher uniquement une profondeur de fondation ou une valeur de portance.

Le rapport doit être lu comme un ensemble cohérent reliant quatre éléments : le projet étudié, le modèle du sous-sol, les hypothèses de calcul et les conditions d’exécution. Une recommandation de fondation n’est valable que si ces quatre éléments correspondent encore au projet qui sera réellement construit.

La NF P94-500 définit le contenu, les limites et l’enchaînement des missions d’ingénierie géotechnique. La G2 correspond à l’étude géotechnique de conception, avant les missions d’étude, de suivi et de supervision de l’exécution. (Boutique AFNOR)

À retenir : commencez par identifier la phase de la mission, la version du projet et les principales réserves. Lisez ensuite les recommandations de fondations avec le modèle géotechnique, les niveaux d’eau et les hypothèses de calcul. Une valeur isolée dans un tableau ne suffit jamais à dimensionner un ouvrage.

Pour comprendre la composition générale du dossier, vous pouvez également consulter la page consacrée aux livrables d’une étude de sol.

La grille de lecture rapide d’un rapport G2

Avant d’entrer dans les détails techniques, six contrôles permettent de savoir si le rapport est directement exploitable.

Point à contrôler Question à se poser Conséquence possible
Phase de la mission S’agit-il d’une G2 AVP, G2 PRO ou G2 DCE/ACT ? Le niveau de définition des fondations peut encore être préliminaire
Projet étudié Les plans, niveaux, charges et terrassements correspondent-ils au projet actuel ? Une actualisation ou une G2 PRO peut être nécessaire
Implantation des sondages Les investigations couvrent-elles l’emprise et les ouvrages sensibles ? Certaines zones peuvent rester insuffisamment caractérisées
Modèle géotechnique Quels terrains doivent être traversés et quelle couche doit porter l’ouvrage ? La profondeur seule ne suffit pas : il faut atteindre le bon horizon
Eau Le niveau indiqué est-il ponctuel, suivi ou retenu comme hypothèse de calcul ? Les terrassements et ouvrages enterrés peuvent nécessiter une étude complémentaire
Réserves Quelles données restent à fournir, vérifier ou confirmer en chantier ? Chaque réserve doit être attribuée à un intervenant et à une phase du projet

Les pages à lire en premier

Ordre recommandé des pages à lire en premier dans un rapport d’étude de sol G2

Il n’est pas nécessaire de commencer par les graphiques de sondage ou les résultats d’essais en annexe. Une première lecture efficace suit plutôt l’ordre ci-dessous.

1. La page de garde et la définition de la mission

Vérifiez l’intitulé exact de la prestation :

  • G2 AVP, pour la phase avant-projet ;
  • G2 PRO, lorsque le projet est suffisamment défini pour approfondir sa conception ;
  • G2 DCE/ACT, pour préparer la consultation des entreprises et examiner les solutions proposées.

La page de garde doit également permettre d’identifier la date, l’indice du rapport, le maître d’ouvrage, l’adresse du site et, si possible, la version des plans utilisés.

La page Geo2mo consacrée à l’étude géotechnique G2 rappelle que la mission peut intervenir aux phases AVP, PRO ou DCE/ACT et que ses livrables comprennent notamment des hypothèses, des paramètres et des préconisations. (Geo2mo)

2. La description du projet étudié

C’est l’un des chapitres les plus importants. Il précise normalement :

  • l’emprise et la destination du bâtiment ;
  • le nombre de niveaux ;
  • la présence éventuelle d’un sous-sol, d’un vide sanitaire ou d’ouvrages enterrés ;
  • les niveaux du terrain actuel et du terrain fini ;
  • les déblais, remblais ou soutènements envisagés ;
  • les descentes de charges disponibles ou les hypothèses retenues ;
  • la proximité de bâtiments, réseaux, talus ou limites de propriété.

Comparez ces données avec les derniers plans. Une G2 réalisée pour une maison sans sous-sol ne peut pas être appliquée automatiquement à un projet modifié avec sous-sol. De même, une surélévation, un déplacement du bâtiment ou une modification importante des niveaux peut changer les sollicitations et la zone d’influence géotechnique.

3. La synthèse et les recommandations

Lisez ensuite la conclusion, la synthèse ou le chapitre intitulé « principes de fondation ». Repérez immédiatement :

  • la solution de fondation envisagée ;
  • le terrain porteur recherché ;
  • la profondeur ou la cote d’assise ;
  • les valeurs de calcul associées ;
  • les tassements estimés ou les critères à respecter ;
  • les dispositions relatives aux terrassements, aux dallages et à l’eau ;
  • les contrôles à prévoir pendant les travaux ;
  • les points restant à confirmer.

La conclusion donne une vue d’ensemble, mais elle ne doit pas être utilisée seule. Chaque recommandation renvoie à des hypothèses, à des limites et parfois à une variante étudiée dans les chapitres précédents.

4. Le plan des investigations

Localisez les sondages par rapport à l’emprise du futur ouvrage. Leur simple nombre ne permet pas de juger la pertinence du programme. Leur position, leur profondeur et leur type doivent être cohérents avec les dimensions du projet, les ouvrages sensibles et les variations attendues du terrain.

Un sondage situé à l’extérieur de l’emprise n’apporte pas nécessairement la même information qu’un sondage réalisé au droit d’un sous-sol, d’un mur de soutènement ou d’une zone fortement chargée.

5. Les hypothèses, exclusions et conditions de validité

Ces paragraphes se trouvent parfois en fin de rapport ou au début des recommandations. Ils précisent ce que le géotechnicien a effectivement étudié et ce qui reste hors mission.

Ne les considérez pas comme de simples mentions administratives. Ils déterminent le domaine dans lequel les conclusions peuvent être utilisées.

Comprendre le modèle géotechnique

Lecture des couches, hétérogénéités et niveaux d’eau dans le modèle géotechnique d’un rapport G2

Le modèle géotechnique est une représentation interprétée du sous-sol. Il rassemble les observations de terrain, les résultats d’essais, les connaissances géologiques disponibles et l’analyse de l’ingénieur.

Il ne s’agit donc pas d’une photographie continue du terrain. Les sondages fournissent des informations ponctuelles, entre lesquelles le géotechnicien établit des corrélations. Cette distinction explique la présence de réserves et la nécessité de vérifier les terrains réellement rencontrés pendant les travaux.

Couches et hétérogénéités

La coupe géotechnique présente généralement une succession de formations : terre végétale, remblais, limons, argiles, sables, graves, roche altérée ou substratum plus compact, selon le site.

Pour chaque couche, cherchez quatre informations :

Sa profondeur ou sa cote. Une profondeur exprimée sous le terrain naturel ne doit pas être confondue avec une altitude. Sur un terrain en pente, une couche située à 1,50 m sous la surface peut se trouver à des cotes très différentes d’un sondage à l’autre.

Son épaisseur. Certaines couches sont régulières ; d’autres s’épaississent, s’amincissent ou disparaissent entre deux points.

Ses caractéristiques mécaniques. Une même appellation géologique peut regrouper des terrains dont la résistance ou la compressibilité varie.

Son rôle dans le projet. Le rapport doit permettre de distinguer les terrains à décaper ou à traverser du terrain dans lequel les fondations pourront être ancrées.

Portez une attention particulière aux remblais, poches meubles, refus de sondage, variations brutales de résistance ou différences de stratigraphie entre deux points. Ces éléments peuvent conduire à prévoir des approfondissements locaux, une substitution, une rigidification de la structure ou des investigations complémentaires.

Erreur fréquente : lire « fondations à 1,20 m » comme une profondeur garantie sur toute l’emprise. La recommandation peut en réalité imposer d’atteindre une couche précise, avec un ancrage minimal dans celle-ci. Si le toit de cette couche varie, la profondeur des fondations varie également.

Niveaux d’eau observés

Le chapitre hydrogéologique doit être lu avec prudence. Vérifiez :

  • la date des observations ;
  • la méthode de mesure ;
  • la durée éventuelle du suivi ;
  • la profondeur et la cote du niveau d’eau ;
  • la présence de venues d’eau ponctuelles ;
  • l’hypothèse finalement retenue pour la conception.

Un niveau d’eau relevé pendant un sondage est une observation faite dans des conditions données. Il ne représente pas nécessairement le niveau maximal susceptible d’être atteint au cours de l’année.

Le rapport peut distinguer une nappe durable, des circulations perchées, des infiltrations temporaires ou de simples venues d’eau dans un horizon plus perméable. Les conséquences ne sont pas les mêmes pour une semelle superficielle, un sous-sol, une fosse, un mur de soutènement ou un radier.

La présence d’eau peut notamment affecter :

  • la stabilité des fouilles ;
  • la portance du fond de terrassement ;
  • la possibilité de réutiliser les déblais ;
  • les conditions de bétonnage ;
  • les poussées sur les ouvrages enterrés ;
  • le risque de soulèvement ;
  • les dispositifs de drainage, d’étanchéité ou de pompage.

Lorsque le rapport indique que les niveaux sont susceptibles de varier ou qu’aucun suivi piézométrique n’a été réalisé, cette limite doit être intégrée à la suite des études.

Paramètres, portance et tassements

Interprétation des paramètres de portance et des tassements dans une étude géotechnique G2

Les tableaux de paramètres sont souvent la partie la plus difficile à lire. Ils ne doivent pas être interprétés comme une note attribuée au terrain.

Chaque valeur est associée à une couche, à une profondeur, à une méthode d’essai et à un usage de calcul.

Paramètre ou résultat courant Ce qu’il renseigne Ce qu’il ne permet pas de conclure seul
Pression limite pressiométrique (p*l) Résistance mobilisable du terrain lors d’un essai pressiométrique La largeur définitive d’une semelle
Module pressiométrique (EM) Comportement en déformation dans le cadre de la méthode utilisée Le tassement sans connaître les charges et la géométrie
Résistance de pointe (qc) Variation de la résistance avec la profondeur au pénétromètre statique La continuité d’une couche à partir d’un pic isolé
Cohésion et angle de frottement Résistance au cisaillement retenue dans certains calculs La stabilité d’un ouvrage sans modèle et situation de calcul
Résistance ou contrainte de calcul Capacité du terrain dans des conditions définies Une valeur applicable à toutes les fondations du projet
Estimation des tassements Déformation attendue sous une charge et une géométrie données La compatibilité avec la structure sans critères du BET structure

Ne pas confondre portance et tassement

Une fondation peut présenter une résistance suffisante vis-à-vis de la rupture du sol tout en générant des déformations incompatibles avec l’ouvrage. La vérification doit donc porter à la fois sur :

  • la résistance du terrain ;
  • les tassements totaux ;
  • les tassements différentiels entre deux appuis ;
  • les déplacements admissibles par la structure et les équipements.

Les tassements différentiels sont particulièrement importants lorsqu’une construction repose sur des terrains variables, lorsqu’elle associe une partie neuve et un bâtiment existant ou lorsque plusieurs types de fondations sont envisagés.

Vérifier les hypothèses associées à chaque valeur

Avant de transmettre une valeur de portance au bureau d’études structure, vérifiez à quelles conditions elle s’applique :

  • type de fondation ;
  • largeur ou diamètre considéré ;
  • profondeur d’encastrement ;
  • couche d’assise ;
  • niveau d’eau retenu ;
  • charge verticale, inclinée ou excentrée ;
  • état limite concerné ;
  • présence d’un talus, d’une fouille ou d’un bâtiment voisin.

Une valeur extraite de son contexte peut conduire à une utilisation incorrecte, même si elle a été correctement calculée dans le rapport.

Recommandations de fondations

Le chapitre consacré aux fondations ne fournit pas toujours un plan d’exécution complet. Son niveau de détail dépend notamment de la phase de la mission.

Une G2 AVP étudie généralement la faisabilité et les principes envisageables. Une G2 PRO intervient sur un projet plus défini et permet de développer les hypothèses et justifications nécessaires à la conception. La distinction est détaillée dans l’article consacré aux différences entre G2 AVP et G2 PRO. (Geo2mo)

Pour lire correctement les recommandations, identifiez les éléments suivants.

Le type de fondation proposé

Le rapport peut envisager des semelles filantes ou isolées, un radier, des puits, des fondations profondes, un renforcement de sol ou plusieurs variantes.

Vérifiez si la solution est :

  • retenue comme solution de base ;
  • présentée comme une possibilité ;
  • soumise à une vérification complémentaire ;
  • conditionnée par les charges définitives ;
  • dépendante d’un traitement de sol ou d’une substitution.

Le terrain d’assise

Le critère essentiel n’est pas toujours une profondeur fixe. Le rapport peut demander d’ancrer les fondations dans une formation donnée, après traversée des remblais et des horizons altérés.

La consigne doit être lisible sous deux formes :

  • une profondeur ou une cote minimale ;
  • un critère géologique ou mécanique permettant de reconnaître le terrain recherché.

Les conditions de mise en œuvre

Les recommandations peuvent imposer :

  • un décapage des terrains remaniés ;
  • une protection rapide des fonds de fouille ;
  • un béton de propreté ;
  • une substitution sous fondation ;
  • un approfondissement local ;
  • une homogénéité des niveaux d’assise ;
  • une réception des fouilles par un intervenant compétent ;
  • des contrôles de compactage ou de portance.

Ces prescriptions ont autant d’importance que la valeur de calcul du terrain.

Comment interpréter les formulations courantes

Formulation du rapport Interprétation opérationnelle
« Des semelles superficielles sont envisageables » La solution paraît possible, mais les dimensions et la compatibilité avec les charges restent à vérifier
« Ancrage minimal dans la couche X » La fondation doit atteindre cette couche et y pénétrer de la valeur indiquée
« Les fondations devront être homogènes » Les changements de type, de niveau ou de terrain d’assise doivent être évités ou spécialement étudiés
« Substitution des terrains médiocres » Le matériau, l’épaisseur, l’extension latérale, le compactage et les contrôles doivent être précisés
« Réception des fonds de fouille » Un point d’arrêt doit être prévu avant bétonnage
« À confirmer en phase G2 PRO » Une action de conception reste à réaliser avant l’exécution

Le dimensionnement structurel, le ferraillage, les chaînages et la vérification globale du bâtiment relèvent du bureau d’études structure. Le rapport géotechnique fournit les données et prescriptions relatives au comportement du terrain et à l’interaction sol-ouvrage.

Terrassements, dallages et gestion des eaux

Points de vigilance du rapport G2 pour les terrassements, les dallages et la gestion des eaux

Une étude G2 ne traite pas uniquement des fondations. Les terrassements, les plateformes, les dallages et l’eau peuvent représenter une part importante du risque technique et du coût des travaux.

Terrassements

Recherchez les recommandations concernant :

  • l’épaisseur de terre végétale ou de remblais à décaper ;
  • la stabilité provisoire des talus ;
  • la nécessité d’un soutènement ;
  • la sensibilité des sols à la pluie ou au remaniement ;
  • les conditions de réemploi des déblais ;
  • les matériaux de remblai acceptables ;
  • les objectifs et contrôles de compactage ;
  • la protection des bâtiments et réseaux voisins.

Une pente de terrassement admissible à court terme ne doit pas être confondue avec une pente stable de manière permanente. De même, une fouille réalisable en terrain sec peut nécessiter une autre méthode en présence d’eau.

Dallages et plateformes

Pour un dallage sur terre-plein, vérifiez :

  • la nature du sol support ;
  • les terrassements et substitutions prévus ;
  • la constitution de la couche de forme ;
  • les objectifs de compactage ;
  • la sensibilité au tassement ;
  • les valeurs de déformation ou de portance à retenir ;
  • les contrôles à effectuer avant coulage.

Lorsque les tassements attendus sont incompatibles avec un dallage sur terre-plein, le rapport peut orienter le projet vers un plancher porté ou une autre solution. Ce choix doit être coordonné avec le BET structure.

Gestion des eaux

Le rapport peut recommander de détourner les eaux de ruissellement, d’étancher des réseaux, de prévoir un drainage, d’étudier un rabattement temporaire ou de protéger les ouvrages enterrés.

Le mot « drainage » ne doit pas être réduit à la pose automatique d’un drain périphérique. Il faut préciser :

  • l’eau à capter ;
  • le niveau de collecte ;
  • l’exutoire ;
  • le fonctionnement gravitaire ou pompé ;
  • l’entretien ;
  • les effets possibles sur les terrains et les ouvrages voisins.

Les dispositions temporaires de chantier et les dispositions permanentes du bâtiment doivent être distinguées.

Hypothèses, limites et réserves

Les réserves définissent les conditions dans lesquelles le rapport peut être appliqué. Une lecture utile consiste à transformer chacune d’elles en action, avec un responsable et une échéance.

Réserve ou limite rencontrée Action à prévoir
Charges définitives non communiquées Faire établir les descentes de charges et vérifier les fondations
Projet étudié à un stade préliminaire Actualiser l’étude ou engager la G2 PRO lorsque les plans sont figés
Zone inaccessible lors des sondages Prévoir une reconnaissance complémentaire ou une vérification en phase travaux
Niveau d’eau observé ponctuellement Définir une hypothèse de projet ou réaliser un suivi adapté à l’enjeu
Remblais de nature inconnue Les caractériser, les purger ou définir une méthode de traitement
Variabilité possible du toit du bon sol Prévoir un contrôle des fouilles et des approfondissements locaux
Solution conditionnée par une réception du terrain Inscrire un point d’arrêt dans le programme de travaux
Ouvrages voisins hors périmètre Étudier leur interaction avant terrassement ou reprise en sous-œuvre

Un rapport ancien est-il encore utilisable ?

La date du rapport ne suffit pas, à elle seule, à répondre. Il faut surtout vérifier si :

  • le projet est resté identique ;
  • l’implantation et les niveaux n’ont pas changé ;
  • le terrain n’a pas été remblayé, terrassé ou modifié ;
  • de nouveaux ouvrages ont été construits à proximité ;
  • des informations nouvelles sont apparues ;
  • les hypothèses et prescriptions restent adaptées.

En cas de doute, le rapport doit être soumis au géotechnicien pour confirmation ou actualisation. Il ne faut pas appliquer automatiquement une ancienne recommandation à un nouveau projet situé sur la même parcelle.

Ce qui doit être transmis au BET structure

Éléments du rapport G2 à transmettre au BET structure et enchaînement vers les missions G2 PRO, G3 et G4

Le bureau d’études structure ne doit pas recevoir uniquement la page de conclusion ou une capture du tableau de portance. Il doit disposer du rapport complet, avec ses annexes et ses éventuels compléments.

Le dossier de transmission devrait comprendre :

  1. le rapport G2 complet et son dernier indice ;
  2. les plans d’implantation utilisés par le géotechnicien ;
  3. les coupes et journaux de sondage ;
  4. les résultats d’essais ;
  5. les plans architecturaux à jour ;
  6. les niveaux du terrain naturel, du terrain fini et du plancher bas ;
  7. les hypothèses de déblais et remblais ;
  8. les descentes de charges, lorsqu’elles sont disponibles ;
  9. les ouvrages enterrés, soutènements et constructions voisines ;
  10. les réponses écrites du géotechnicien et les éventuels additifs.

Le BET structure doit notamment pouvoir retrouver :

  • le modèle géotechnique retenu ;
  • les paramètres associés à chaque couche ;
  • le type et le niveau des fondations ;
  • les critères de portance et de tassement ;
  • les dispositions en cas d’hétérogénéité ;
  • les hypothèses relatives à l’eau ;
  • les prescriptions d’exécution ;
  • les contrôles et points d’arrêt.

La coordination fonctionne dans les deux sens. Le géotechnicien a besoin des charges, dimensions et niveaux du projet ; le BET structure a besoin des paramètres et conditions géotechniques. Si l’un de ces éléments évolue, la compatibilité de la conception doit être réexaminée.

Questions à poser avant de consulter les entreprises

Avant d’envoyer le dossier aux entreprises, plusieurs questions doivent avoir reçu une réponse explicite.

  1. Quelle est la phase exacte de la G2 et correspond-elle au stade actuel du projet ?

  2. Quelle solution constitue la base de consultation ? Les variantes sont-elles admises et selon quelle procédure seront-elles validées ?

  3. Quel est le critère précis de fondation ? S’agit-il d’une profondeur, d’une cote, d’une couche à atteindre ou d’une combinaison de ces critères ?

  4. Les charges et dimensions utilisées sont-elles définitives ?

  5. Qui dimensionne les fondations et qui valide leur interaction avec la structure ?

  6. Quels terrassements, substitutions, remblais et dispositifs de gestion des eaux sont inclus dans les prix ?

  7. Quels contrôles devront être réalisés ? Réception des fouilles, essais de compactage, essais de portance, contrôles de pieux ou autres vérifications selon la solution retenue.

  8. Quels points d’arrêt doivent être intégrés au planning ?

  9. Que doit faire l’entreprise si le terrain rencontré diffère du modèle G2 ? L’arrêt des travaux concernés, l’information des intervenants et la procédure d’adaptation doivent être définis avant le chantier.

  10. Qui réalise les missions géotechniques d’exécution et de supervision ?

Pour obtenir des offres comparables, les principales prescriptions doivent être traduites dans les pièces de consultation : solution de base, quantités estimatives, contrôles, responsabilités, aléas identifiés et procédure de validation des variantes.

G2 PRO, G3 ou G4 : quelle suite donner au rapport ?

La suite dépend moins du nombre de pages reçues que du stade réel du projet.

Situation Suite à envisager
Le rapport est une G2 AVP et les plans sont désormais stabilisés G2 PRO pour approfondir la conception sur le projet définitif
Les exigences doivent être intégrées à la consultation des entreprises Phase G2 DCE/ACT selon le périmètre nécessaire
L’entreprise doit établir ses méthodes, calculs et contrôles d’exécution G3
La maîtrise d’ouvrage souhaite superviser les études et le suivi géotechniques d’exécution G4
Les charges, niveaux ou fondations ont changé Relecture et actualisation de la G2 avant application
Le terrain rencontré diffère des prévisions Analyse de l’écart, investigations éventuelles et adaptation validée

La G2 traite la conception géotechnique. La G3 porte sur l’étude et le suivi géotechniques d’exécution, tandis que la G4 assure la supervision de ces prestations pour le compte de la maîtrise d’ouvrage. La continuité entre ces missions évite qu’une prescription importante du rapport reste sans traduction dans les études d’exécution ou sans contrôle sur le terrain. (Geo2mo)

Pour approfondir cette organisation, consultez le guide expliquant comment coordonner les missions G2, G3 et G4.

FAQ — Lecture d’un rapport d’étude de sol G2

Un rapport G2 donne-t-il les dimensions définitives des fondations ?

Cela dépend de la phase de la mission et des données disponibles. Une G2 AVP fournit principalement des principes et premières hypothèses de conception. Une G2 PRO peut approfondir les justifications géotechniques sur un projet défini. Le BET structure reste chargé de la conception structurelle et du ferraillage des fondations.

Peut-on transmettre uniquement la conclusion à l’entreprise ?

Non. La conclusion dépend des hypothèses, du modèle géotechnique, des conditions d’exécution et des réserves exposées ailleurs dans le rapport. Les entreprises et bureaux d’études concernés doivent recevoir la version complète applicable au marché.

Le niveau d’eau indiqué dans le rapport est-il définitif ?

Pas nécessairement. Il peut s’agir d’une observation ponctuelle réalisée à la date des sondages. Il faut vérifier si un suivi a été effectué et quel niveau a été retenu pour la conception des ouvrages temporaires et permanents.

Une entreprise peut-elle remplacer la fondation recommandée par une autre solution ?

Une variante peut être étudiée, mais elle ne doit pas être mise en œuvre sans vérification de sa compatibilité avec le modèle géotechnique, les charges, les tassements admissibles et les autres ouvrages. La modification doit être validée par les intervenants compétents.

Une G2 évite-t-elle tout imprévu de terrain ?

Une G2 réduit les incertitudes et permet de concevoir le projet sur des hypothèses documentées. Elle ne transforme toutefois pas des investigations ponctuelles en connaissance continue de tout le sous-sol. Les contrôles d’exécution, la gestion des écarts et l’enchaînement avec les missions suivantes restent essentiels.

Faut-il toujours réaliser une G2 PRO après une G2 AVP ?

La réponse dépend du projet, du niveau de détail du rapport et des risques à maîtriser. Lorsque les charges, les niveaux, les terrassements ou la solution de fondation restent à finaliser, une phase PRO est généralement nécessaire pour poursuivre la conception sur des bases suffisamment définies.

Transformer le rapport en décisions de projet

Bien lire une étude de sol G2 consiste à relier chaque recommandation à trois éléments : une hypothèse de projet, une justification géotechnique et une condition de mise en œuvre.

À la fin de la lecture, aucune réserve ne devrait rester sans réponse. Les charges doivent être confirmées par le BET structure, les prescriptions doivent être intégrées aux pièces de consultation et les contrôles doivent être programmés avant le démarrage des travaux.

Votre rapport s’arrête à l’avant-projet, comporte des hypothèses à lever ou doit être traduit en prescriptions d’exécution ? Geo2mo peut qualifier la phase nécessaire et organiser la continuité avec le BET structure et les entreprises.

Cadrer la suite G2 PRO, G3 ou G4

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