Fissures après sécheresse : checklist assurance, mairie et diagnostic G5
Des fissures sont apparues ou se sont agrandies après une période de sécheresse ? La priorité consiste à documenter les désordres, signaler la situation à l’assureur et à la mairie, puis préserver les preuves avant toute réparation définitive.
La sécheresse peut provoquer un retrait des sols argileux. Leur réhumidification entraîne ensuite un gonflement. Lorsque ces variations ne sont pas uniformes sous le bâtiment, elles peuvent solliciter différemment les fondations et contribuer à l’apparition de fissures. Cette concordance temporelle ne suffit toutefois pas à établir la cause : une observation doit être distinguée d’une hypothèse, puis confirmée ou écartée par des investigations adaptées. (Géorisques)
Dans un contexte de catastrophe naturelle, il ne faut pas attendre l’issue de la procédure communale pour commencer à constituer son dossier. Le sinistre doit être signalé à l’assureur dès qu’il est connu. Lorsqu’un arrêté reconnaissant l’état de catastrophe naturelle est publié, la déclaration doit être effectuée ou complétée au plus tard dans les 30 jours suivant sa publication. (Géorisques)
Fissures après sécheresse : que faire en priorité ?
L’ordre des démarches peut être résumé ainsi :
| Situation | Première action |
|---|---|
| Déformation brutale, élément menaçant de tomber ou doute sérieux sur la stabilité | Éloigner les personnes de la zone et demander une évaluation urgente |
| Fissures récemment découvertes | Photographier, dater et localiser chaque désordre |
| Commune potentiellement concernée par la sécheresse | Vérifier l’exposition RGA et contacter la mairie |
| Sinistre non encore déclaré | Informer l’assureur sans attendre les réparations |
| Arrêté CatNat publié pour la commune et la période concernée | Compléter la déclaration dans le délai de 30 jours |
| Cause incertaine ou investigations de sol nécessaires | Examiner la pertinence d’un diagnostic géotechnique G5 |
| Réparation lourde envisagée | Faire définir une solution traitant la cause avant de reboucher les fissures |
Une photographie, même nette, ne permet pas de diagnostiquer à distance la cause d’une fissure. Sa forme, son orientation et son évolution sont des informations utiles, mais elles doivent être rapprochées du sol, des fondations, de la structure, de la gestion des eaux et de l’historique du bâtiment.
Photographier, dater et surveiller

La première étape consiste à constituer une chronologie fiable. Des photographies isolées, sans date ni repère, sont beaucoup moins exploitables qu’une série réalisée selon un protocole constant.
Créer un relevé initial
Pour chaque fissure :
- prenez une photographie d’ensemble afin de situer le désordre sur la façade ou dans la pièce ;
- ajoutez une photographie rapprochée avec une règle graduée ou une jauge visible ;
- attribuez un repère stable, par exemple « façade nord – F01 » ;
- notez la date de découverte, même si elle reste approximative ;
- indiquez si la fissure était absente, déjà présente ou déjà réparée auparavant ;
- relevez les désordres associés : porte qui frotte, décollement de plinthe, fissure intérieure correspondante, désaffleurement ou déformation du dallage.
Photographiez également l’environnement immédiat : descentes d’eaux pluviales, regards, canalisations apparentes, zones d’accumulation d’eau, pente du terrain, végétation proche et éventuels travaux récents. L’objectif n’est pas d’en déduire immédiatement une cause, mais de conserver l’état des lieux au moment de la découverte.
Surveiller sans fausser les observations
Reprenez les photographies depuis le même emplacement, avec le même cadrage et le même repère de mesure. Un tableau simple permet d’éviter les appréciations imprécises :
| Date | Repère | Localisation | Ouverture relevée | Évolution visible | Photo |
|---|---|---|---|---|---|
| 12/08/2026 | F01 | Façade sud, angle de baie | 1,2 mm | Relevé initial | F01-2026-08-12.jpg |
| 02/09/2026 | F01 | Même emplacement | 1,5 mm | Ouverture à vérifier | F01-2026-09-02.jpg |
Une variation très faible peut aussi provenir de la méthode de mesure ou du positionnement de la règle. Pour un suivi techniquement exploitable, un fissuromètre, des témoins adaptés ou une instrumentation peuvent être proposés selon le contexte.
La géométrie aide à décrire le désordre, mais elle ne remplace pas l’analyse de ses causes. Notre guide pour décrypter la géométrie des fissures de fondation présente les principaux indices à relever sans transformer leur forme en diagnostic automatique.
Vérifier l’exposition RGA et les arrêtés CatNat

Le retrait-gonflement des argiles, souvent abrégé RGA, correspond aux variations de volume de certains sols argileux selon leur teneur en eau. Lors d’une sécheresse, le sol peut se rétracter. Lorsqu’il se réhydrate, il peut gonfler. Les maisons individuelles peuvent être particulièrement sensibles lorsque les mouvements sont différentiels sous les fondations. (Géorisques)
Consulter la carte d’exposition
L’exposition de l’adresse peut être consultée sur Géorisques, notamment à partir de l’outil ERRIAL ou de la carte interactive. Depuis le 1er juillet 2026, une carte RGA actualisée est applicable dans le cadre réglementaire concernant certains contrats de vente et de construction. (Géorisques)
Cette carte apporte une information de contexte à l’échelle d’un secteur. Elle ne prouve pas :
- la composition exacte du sol sous la maison ;
- l’intensité des variations hydriques à la parcelle ;
- la profondeur ou l’état des fondations ;
- le lien de causalité entre la sécheresse et les fissures constatées.
Une maison située en zone d’exposition forte n’est donc pas automatiquement victime d’un sinistre RGA. Inversement, une autre cause ne doit pas être écartée sans examen au seul motif que l’exposition cartographique paraît plus faible. La cartographie nationale ne remplace pas une investigation géotechnique ciblée.
Pour approfondir le contexte, consultez également notre dossier : Sécheresse record : votre maison neuve est-elle à risque de fissures ?.
Rechercher un arrêté de catastrophe naturelle
La reconnaissance CatNat est distincte de la carte d’exposition RGA. Il faut vérifier qu’un arrêté publié au Journal officiel mentionne :
- votre commune ;
- la nature du phénomène reconnu ;
- la période correspondant au sinistre.
La garantie catastrophe naturelle suppose à la fois que le bien soit couvert par un contrat comportant une garantie de dommages aux biens et qu’un arrêté reconnaisse l’état de catastrophe naturelle pour la commune, la période et le phénomène concernés. (Géorisques)
L’absence d’arrêté au moment de la découverte ne signifie pas nécessairement qu’aucune procédure n’est en cours. La commune peut être en train de recenser les signalements ou de préparer une demande de reconnaissance.
Contacter la mairie et déclarer le sinistre

La mairie et l’assureur interviennent dans deux démarches différentes, qui doivent être menées parallèlement.
Signaler les fissures à la mairie
Le signalement à la mairie permet à la commune de recenser les bâtiments potentiellement touchés. Le maire transmet ensuite, lorsqu’il l’estime justifié, une demande de reconnaissance à la préfecture. La décision de reconnaissance n’appartient donc pas à la mairie, et celle-ci ne verse pas l’indemnisation. (Géorisques)
Transmettez au service indiqué par la commune :
- l’adresse du bâtiment ;
- vos coordonnées ;
- la date de découverte des fissures ;
- une description courte des désordres ;
- quelques photographies datées ;
- la période supposée d’apparition ou d’aggravation ;
- les éventuels antécédents connus.
Demandez un accusé de réception ou conservez une copie datée de votre courriel. Certaines communes utilisent un formulaire spécifique.
Informer l’assureur sans attendre
Le sinistre doit être signalé à l’assureur dès qu’il est connu. Il est prudent de ne pas attendre la publication d’un arrêté pour ouvrir le dossier ou demander la procédure à suivre. Si un arrêté CatNat est ensuite publié, complétez la déclaration avec sa référence.
La déclaration doit intervenir au plus tard dans les 30 jours suivant la publication de l’arrêté. Elle peut notamment comporter l’identité de l’assuré, le numéro de contrat, l’adresse du bien, la description des dommages et un premier inventaire des justificatifs disponibles. (Service Public)
Un message initial peut être formulé ainsi :
Objet : déclaration de sinistre – fissures apparues ou aggravées après sécheresse
Je vous informe avoir constaté, le [date], des fissures sur le bâtiment situé [adresse]. Les désordres concernent principalement [localisations]. Ils semblent être apparus ou s’être aggravés à la suite de la période de sécheresse [période], sans qu’une cause technique puisse être établie à ce stade.
Vous trouverez en pièces jointes un premier relevé photographique daté. Je vous remercie d’enregistrer cette déclaration, de m’indiquer les documents nécessaires à l’instruction du dossier et de me préciser la conduite à tenir avant toute mesure conservatoire ou investigation.
La mention de la sécheresse doit être présentée comme un contexte ou une hypothèse, et non comme une cause déjà démontrée.
Conserver les preuves avant réparation

Repeindre, reboucher ou reprendre un enduit avant l’expertise peut masquer la largeur, la continuité ou l’ancienneté apparente des fissures. Dans la mesure du possible, ne réalisez pas de réparation définitive avant d’avoir reçu les consignes de l’assureur.
Les objets ou matériaux endommagés ne doivent pas être jetés sans accord. Ils doivent être photographiés et les factures de réparation ou de remplacement doivent être conservées. Ces précautions figurent parmi les recommandations applicables à la constitution d’un dossier CatNat. (Géorisques)
En cas de mesure conservatoire urgente
Une intervention ne doit pas être différée lorsqu’elle est nécessaire à la sécurité des personnes ou à la prévention d’une aggravation immédiate. Avant les travaux, lorsque cela reste possible :
- informez l’assureur ;
- photographiez précisément l’état initial ;
- demandez à l’entreprise de distinguer les mesures conservatoires des réparations définitives ;
- conservez le devis, la facture et le compte rendu d’intervention ;
- photographiez chaque phase de l’opération.
Une mesure de sécurité ne doit pas être confondue avec une réparation destinée à traiter la cause géotechnique ou structurelle.
Documents à réunir
Pour les expertises RGA relevant du cadre applicable aux arrêtés CatNat pris depuis le 1er janvier 2025, l’assureur peut demander une liste détaillée de documents. Celle-ci peut notamment inclure les études géotechniques antérieures, les plans, le permis de construire, les actes relatifs au bien, les factures de travaux, les rapports de sinistres précédents et les justificatifs concernant certains réseaux ou aménagements. L’assureur doit préciser les pièces attendues et le délai de transmission. (Légifrance)
Préparez en priorité :
| Catégorie | Pièces utiles |
|---|---|
| Assurance | Contrat, numéro de sinistre, échanges et accusés de réception |
| Désordres | Photos originales, tableau de suivi, plans de localisation |
| Construction | Plans, permis, année de construction, descriptif des fondations si disponible |
| Sol | Anciennes G1, G2, G5 ou autres rapports géotechniques |
| Travaux | Devis, factures, procès-verbaux et photographies avant/après |
| Historique | Rapports d’expertise, anciens sinistres, réparations de fissures |
| Eau et réseaux | Réparations de canalisations, assainissement, gestion des eaux pluviales |
| Environnement | Modifications de terrain, végétation, terrassements ou constructions voisines |
Évitez en particulier les réparations limitées au rebouchage, les travaux lourds décidés à partir d’une photographie et les modifications importantes de drainage ou de végétation engagées sans analyse préalable. Ces situations sont détaillées dans notre article sur les erreurs à éviter face à des fissures sur sol argileux.
Comment se déroule l’expertise d’assurance ?
L’expertise vise à examiner les désordres, leur contexte et leur possible rattachement au phénomène reconnu par l’arrêté CatNat. Elle ne se limite pas à constater que des fissures sont présentes.
Le parcours comprend généralement :
- l’ouverture du dossier et la transmission des pièces ;
- la désignation d’un expert par l’assureur ;
- l’analyse documentaire ;
- la visite du bâtiment et de son environnement ;
- l’examen des causes possibles ;
- la demande éventuelle d’investigations complémentaires ;
- la remise d’un rapport et la décision de l’assureur.
Ce que doit examiner l’expert
Le cadre applicable aux sinistres RGA reconnus par des arrêtés pris depuis le 1er janvier 2025 prévoit des exigences d’indépendance, d’impartialité et de qualification de l’expert. Son rapport doit notamment décrire la construction, son environnement, les dommages, les éventuelles réparations antérieures, les documents examinés et les conclusions relatives à la cause et à la garantie. Lorsque le sinistre est couvert, il doit également traiter la nature et le coût des travaux nécessaires. (Légifrance)
L’expert peut rechercher d’autres explications ou facteurs contributifs : défaut structurel, tassement d’une zone remblayée, fuite de réseau, gestion des eaux, fondations hétérogènes ou travaux ayant modifié le comportement du bâtiment. L’existence d’une sécheresse et de fissures concomitantes constitue un élément du dossier, mais pas une démonstration suffisante à elle seule.
Quels sont les délais d’expertise ?
Le cadre réglementaire prévoit notamment un rapport intermédiaire dans les quatre mois suivant la réception de l’ensemble des pièces demandées. Lorsqu’une investigation technique confiée à un tiers est nécessaire, un délai complémentaire peut s’appliquer. Après les résultats des investigations et la validation des devis nécessaires, l’expert dispose d’un délai spécifique pour finaliser son rapport, que l’assureur doit ensuite transmettre à l’assuré. (Légifrance)
Ces délais supposent que le dossier soit complet. Il est donc important de répondre aux demandes de pièces par écrit et de demander confirmation lorsqu’un document est considéré comme manquant.
Préparer la visite
Le jour de l’expertise :
- laissez accessibles les façades, le vide sanitaire, le sous-sol ou les combles concernés ;
- remettez une chronologie synthétique plutôt qu’une accumulation de photographies non classées ;
- signalez les anciennes fissures et les anciennes réparations ;
- mentionnez les fuites, travaux ou modifications de terrain connus ;
- demandez quelles hypothèses sont examinées ;
- faites préciser si un suivi ou des investigations complémentaires sont envisagés ;
- conservez un compte rendu personnel de la visite.
Les questions essentielles sont les suivantes : la cause paraît-elle établie ? D’autres causes doivent-elles être vérifiées ? Les fissures sont-elles encore évolutives ? Les fondations doivent-elles être reconnues ? Les travaux proposés traiteront-ils le mécanisme à l’origine des désordres ou seulement leurs conséquences visibles ?
Quand solliciter un diagnostic G5 ?

La mission G5 est un diagnostic géotechnique ciblé défini dans la classification des missions d’ingénierie géotechnique de la norme NF P94-500. Elle porte sur un ou plusieurs éléments géotechniques précisément définis. Elle ne constitue pas, à elle seule, une étude complète de conception et de dimensionnement de tous les travaux de réparation. (Boutique AFNOR)
Une mission géotechnique G5 peut devenir pertinente lorsque :
- le rôle du sol reste incertain après les premières constatations ;
- des mouvements différentiels des fondations sont suspectés ;
- la sensibilité des sols argileux doit être caractérisée ;
- la profondeur, la géométrie ou l’hétérogénéité des fondations doivent être vérifiées ;
- l’expert demande des données géotechniques complémentaires ;
- plusieurs causes possibles doivent être départagées ;
- une solution de réparation ne peut pas être étudiée sans connaissance du sol ;
- les conclusions des différents intervenants sont contradictoires.
Que peut contenir une G5 ?
Le programme dépend de la question posée et de l’accessibilité du bâtiment. Il peut associer :
- l’analyse des documents et de l’historique des désordres ;
- un relevé des fissures et de leur répartition ;
- des sondages de reconnaissance ;
- des essais géotechniques in situ ;
- des prélèvements et analyses en laboratoire ;
- la reconnaissance ponctuelle des fondations par fouilles ;
- l’examen des conditions d’eau et de drainage ;
- des mesures altimétriques ou un suivi de l’évolution ;
- une analyse croisée entre sol, fondations et désordres.
Toutes ces investigations ne sont pas nécessaires dans chaque dossier. Un programme disproportionné alourdit inutilement la mission ; un programme trop limité risque de ne pas répondre à la question technique.
Ce qu’une G5 ne fait pas automatiquement
Une G5 ne décide pas de la reconnaissance CatNat et ne se substitue pas à l’expert chargé d’instruire la garantie. Elle ne garantit pas non plus que l’assureur retiendra une causalité sécheresse.
Elle peut en revanche apporter des éléments objectivés sur :
- la nature et l’hétérogénéité des terrains ;
- la présence et la sensibilité de sols argileux ;
- la profondeur et la disposition des fondations reconnues ;
- la compatibilité entre les désordres et un mécanisme géotechnique ;
- les facteurs susceptibles d’aggraver ou de modifier ce mécanisme ;
- les investigations nécessaires avant la conception d’une réparation.
Lorsque les conclusions conduisent à concevoir et dimensionner de nouvelles fondations ou une reprise en sous-œuvre, une mission de conception géotechnique, souvent de type G2 selon le stade du projet, peut devoir succéder au diagnostic. La logique est alors : comprendre avec la G5, concevoir avec la mission adaptée, exécuter puis contrôler. (Geo2mo)
Qui doit commander la mission ?
Dans un dossier d’assurance en cours, demandez par écrit à l’assureur ou à l’expert :
- si une investigation géotechnique est jugée nécessaire ;
- quelle question technique elle doit résoudre ;
- qui choisit le prestataire ;
- si son coût est pris en charge ;
- à qui le rapport devra être adressé.
Les frais d’études géotechniques nécessaires à la remise en état peuvent faire partie des dommages couverts dans certaines situations. Cela ne signifie pas qu’une étude commandée unilatéralement sera automatiquement remboursée : son périmètre et sa prise en charge doivent être clarifiés au préalable. (Géorisques)
Après l’expertise : quelles étapes sont possibles ?
Plusieurs suites sont possibles selon les conclusions techniques et la position de l’assureur.
| Conclusion ou situation | Suite à envisager |
|---|---|
| Prise en charge acceptée | Vérifier le périmètre des travaux, les franchises, les devis et les modalités de règlement |
| Cause géotechnique plausible mais données insuffisantes | Définir une investigation complémentaire, éventuellement une G5 |
| Fissures encore évolutives | Mettre en place un suivi avant de figer la réparation |
| Cause reconnue mais solution non dimensionnée | Engager les études de conception géotechnique et structurelle nécessaires |
| Cause différente retenue | Examiner les autres garanties et faire préciser la justification technique |
| Désaccord avec les conclusions | Demander le rapport, formuler des observations écrites et suivre la procédure de réclamation |
| Réparation réalisée | Conserver les plans, rapports, contrôles, photographies et procès-verbaux |
En cas d’accord sur la prise en charge
Ne vous limitez pas au montant annoncé. Vérifiez que le programme de travaux traite bien le mécanisme retenu. Une reprise d’enduit ou de peinture ne constitue pas une réparation durable lorsque les mouvements à l’origine des fissures ne sont pas stabilisés ou traités.
Selon la solution, les étapes peuvent inclure :
- des investigations complémentaires ;
- une étude géotechnique de conception ;
- une étude du BET structure ;
- la consultation d’entreprises spécialisées ;
- l’exécution des travaux ;
- le contrôle de leur conformité ;
- la réparation différée des finitions.
En cas de désaccord
Demandez la communication du rapport et les motifs précis de la décision. Répondez point par point, avec les pièces techniques utiles, sans vous contenter d’affirmer que la sécheresse est nécessairement responsable.
La contestation commence auprès de l’interlocuteur habituel, puis du service réclamation de l’assureur. En l’absence de résolution, le médiateur de l’assurance peut être saisi après la procédure de réclamation prévue. Le service réclamation dispose en principe d’un délai maximal de deux mois pour répondre. (Service Public)
Selon l’importance du litige, l’avis d’un expert d’assuré, d’un géotechnicien, d’un BET structure ou d’un avocat peut être utile. Le rôle de chaque intervenant doit rester clair :
- l’expert d’assurance analyse le sinistre dans le cadre du contrat ;
- le géotechnicien étudie les sols, les fondations et les mécanismes géotechniques ;
- le BET structure examine le comportement de l’ouvrage et dimensionne les interventions structurelles ;
- l’entreprise exécute une solution définie et contrôlable.
Checklist récapitulative
Dès la découverte
- Vérifier qu’aucun élément ne présente de danger immédiat.
- Photographier chaque fissure en plan large et en gros plan.
- Ajouter une règle, une jauge ou un repère d’échelle.
- Attribuer un numéro à chaque fissure.
- Noter la date de découverte et les éventuelles observations antérieures.
- Photographier également l’environnement, les réseaux visibles et les évacuations d’eau.
- Ne pas reboucher ni repeindre avant d’avoir conservé les preuves.
Dans les jours suivants
- Consulter l’exposition RGA de l’adresse sur Géorisques.
- Vérifier l’existence d’un arrêté CatNat pour la commune et la période.
- Signaler les désordres à la mairie.
- Déclarer le sinistre à l’assureur dès sa découverte.
- Demander par écrit la liste des documents attendus.
- Commencer un tableau de suivi photographique.
- Réunir plans, permis, études de sol, factures de travaux et anciens rapports.
Lorsqu’un arrêté CatNat est publié
- Vérifier que la commune, la période et le phénomène correspondent.
- Transmettre ou compléter la déclaration dans les 30 jours.
- Conserver la preuve de l’envoi.
- Ajouter l’arrêté au dossier.
- Informer l’assureur de toute aggravation observée.
Avant et pendant l’expertise
- Préparer une chronologie synthétique.
- Rendre accessibles les zones concernées.
- Signaler les anciennes réparations et les anciens sinistres.
- Ne pas présenter la sécheresse comme une cause déjà prouvée.
- Demander si des investigations complémentaires sont nécessaires.
- Faire préciser la question technique à laquelle elles devront répondre.
- Demander les conclusions et les prochaines étapes par écrit.
Avant les travaux
- Vérifier que la cause a été suffisamment étudiée.
- Distinguer réparation esthétique, mesure conservatoire et traitement du mécanisme.
- Faire coordonner géotechnicien, BET structure et entreprise si nécessaire.
- Obtenir une conception et un dimensionnement adaptés aux travaux envisagés.
- Conserver les devis, rapports, plans d’exécution et contrôles.
Questions fréquentes sur les fissures après sécheresse
Une fissure apparue après une sécheresse est-elle automatiquement couverte ?
Non. La chronologie ne suffit pas à prouver la cause. Pour une indemnisation CatNat, le bâtiment doit être couvert par une assurance de dommages aux biens, un arrêté doit reconnaître le phénomène pour la commune et la période concernées, et l’expertise doit établir que les dommages entrent dans le champ de la garantie. (Géorisques)
Faut-il attendre l’arrêté CatNat avant de prévenir l’assurance ?
Non. Il est préférable d’informer l’assureur dès la découverte du sinistre. Lorsque l’arrêté est publié, la déclaration doit être complétée dans les 30 jours suivant sa publication. (Géorisques)
La mairie peut-elle reconnaître elle-même la catastrophe naturelle ?
Non. La commune rassemble les signalements et transmet une demande à la préfecture. La reconnaissance résulte ensuite d’une procédure nationale et de la publication d’un arrêté au Journal officiel. (Géorisques)
Une zone d’exposition forte aux argiles prouve-t-elle l’origine des fissures ?
Non. La carte indique un niveau d’exposition à l’échelle d’un secteur. Elle ne caractérise ni le sol exact sous la maison, ni les fondations, ni la causalité du sinistre. Des reconnaissances ciblées peuvent être nécessaires.
La forme d’une fissure suffit-elle pour identifier le problème ?
Non. Une fissure en escalier, horizontale, verticale ou située à l’angle d’une ouverture peut orienter les observations, mais plusieurs mécanismes peuvent produire des formes proches. La conclusion nécessite une analyse du bâtiment et de son environnement.
Une G5 est-elle obligatoire après chaque sinistre sécheresse ?
Non. La G5 est une mission ciblée, pertinente lorsque des questions géotechniques précises restent à résoudre. Son programme doit être défini en fonction des données déjà disponibles, des conclusions de l’expertise et des travaux envisagés. (Boutique AFNOR)
Peut-on réparer les fissures avant le passage de l’expert ?
Une réparation définitive est à éviter tant que les preuves n’ont pas été conservées et que l’assureur n’a pas donné ses instructions. Les mesures urgentes nécessaires à la sécurité ou à la prévention d’une aggravation restent possibles, mais elles doivent être documentées avant, pendant et après l’intervention.
Évaluer la pertinence d’une mission G5
Une G5 n’est pas un passage automatique après chaque fissure. Elle devient utile lorsqu’il faut vérifier le rôle du sol, reconnaître les fondations, départager plusieurs hypothèses ou disposer de données suffisantes avant de concevoir une réparation.
Geo2mo peut examiner les informations disponibles — photographies, chronologie, rapports d’expertise, études antérieures et caractéristiques du bâtiment — afin de déterminer si une investigation géotechnique ciblée est pertinente et d’en cadrer le périmètre.